création novembre 2028
tout public, à partir de 13 ans
Cette dramaturgie planétaire appelle une écriture plurielle : croiser des poétiques, des récits, des mythologies du cosmos, des langues et des manières d’habiter la nuit. Mettre en relief la diversité et le pluriculturalisme des imaginaires célestes, et faire entendre ce que chaque lieu recèle — ses luttes, ses mémoires, ses silences, ses fractures.
Avec l’auteur Éric Pessan, l’écriture se nourrira d’un matériau à la fois scientifique, politique et cosmogonique.
Au début, c’est la contemplation du ciel étoilé un soir d’été dans les montagnes.
Les yeux qui captent des mouvements.
« Trafic céleste », je murmure.
Et je voyage avec ces mots. Qui disparaissent un temps.
Et réapparaissent lors d’une tournée en Lozère.
« Ça bouge beaucoup là-haut » me dit un lozérien, l’œil ravi.
J’entends alors parler de ces endroits dans le monde où il n’y pas de pollution lumineuse, pas de lumière artificielle, pas de survol par hélicoptère ou drone. Rien ? Pas de surveillance ? Et voilà le début du rêve… Je cherche alors où se trouvent ces lieux, les RICE : les réserves internationales de ciels étoilés
La dramaturgie se dessine comme une cartographie vivante : différentes RICE, dans différents endroits du monde, deviennent les stations d’un récit. Des zones de nuit protégée — des “points noirs” — où l’on peut encore lever les yeux sans être avalé·e par la lumière artificielle. Ces lieux ne sont pas des décors : ce sont des seuils. Des endroits où la nuit est un bien commun, où l’observation redevient possible, et où la question du regard – qui regarde qui ? – se charge d’enjeux intimes et politiques. Un personnage traverse, enquête, écoute, met en lien avec un autre, puis un autre, dessinant sur Terre une sorte de constellation. La voûte céleste comme un miroir de nos humanités reliées.
D’un territoire à l’autre, un réseau se tisse entre les deux hémisphères, comme une constellation terrestre : une trame fragile de lieux reliés par la même nécessité de préserver l’obscurité, de protéger le vivant, de résister aux logiques de surveillance, d’exploitation et de colonisation du ciel.